Qu'est-ce que la pollution de l'air et d'où vient-elle ?

Définition

Constitue une pollution atmosphérique, l’introduction par l’homme, directement ou indirectement, dans l’atmosphère et les espaces clos, de substances ayant des conséquences préjudiciables de nature à mettre en danger la santé humaine, à nuire aux ressources biologiques et aux écosystèmes, à influer sur les changements climatiques, à détériorer les biens matériels ou à provoquer des nuisances olfactives excessives (loi sur l’Air et l’Utilisation Rationnelle de l’Énergie de 1996 - article 2).

La pollution de l’air peut être d’origines naturelles (éruption volcanique, pollens, incendies de forêts…), mais elle provient majoritairement des activités humaines ou anthropique (transports, chauffages individuels et collectifs, industries, agriculture, incinération des ordures ménagères, activités domestiques, …).

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Polluants primaires et secondaires

Les polluants atmosphériques se distinguent en deux grandes familles : les polluants primaires et les polluants secondaires.

Les polluants primaires sont directement rejetés dans l’air par une source identifiée, la plupart du temps liée aux activités humaines (trafic routier, industrie, chauffage, agriculture, …). On retrouve, dans les polluants primaires, le monoxyde d’azote (NO), le dioxyde de soufre (SO2), le monoxyde de carbone (CO), les métaux lourds (plomb, arsenic, cadmium et nickel), les composés organiques volatils (COV) et les Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP dont le benzo(a)pyrène).

Les polluants secondaires ne sont pas directement rejetés dans l’air. Ils se forment à partir de réactions chimiques entre différents polluants primaires, déjà présents dans l’air. C'est le cas par exemple pour :

  • l’ozone (O3), qui se forme lorsque les oxydes d'azote et les hydrocarbures réagissent sous l’influence des rayonnements ultra-violets du soleil (c’est en partie pour cette raison que l’ozone est plus présent au printemps et en été)
  • les pluies acides, qui sont le résultat de l’acidification de l’eau de pluie ayant capté différents polluants mais aussi les dépôts secs de ces polluants (SO2 et NOX).

Certains polluants comme le dioxyde d'azote (NO2) et les particules en suspension (PM10 et PM2.5), sont à la fois des polluants primaires et secondaires.

Origines

En air ambiant

  • Polluants d'origines naturelles : les activités orageuses, l’érosion des sols, les volcans, les pollens, les sels marins, les ruminants, les zones humides, les feux de forêts.
  • Polluants liés aux transports : tous les véhicules, les émissions particulières aux véhicules diesel, le revêtement des routes et l’usure des pneumatiques…
  • Polluants liés aux activités domestiques et collectives : le chauffage domestique et/ou collectif, le traitement des espaces verts et le jardinage…
  • Polluants liés aux activités industrielles et agricoles : les centrales de production électrique, les usines d’incinération, les raffineries, la métallurgie-sidérurgie…

En environnement intérieur

  • Aménagement intérieur : le mobilier de type aggloméré peut être source d’émissions de formaldéhyde, et certaines plantes sont connues pour être allergisantes (ficus, papyrus…).
  • Activités et habitudes de vie : la fumée de tabac est la première source de pollution intérieure. Les travaux, le bricolage, le ménage, et la cuisine émettent des particules en suspension, des oxydes d’azote et des composés organiques volatils, dont le formaldéhyde. L’utilisation de produits cosmétiques, phytosanitaires et antiparasitaires pollue également l’environnement intérieur.
  • Allergènes domestiques : les moisissures se développent en cas d’humidité forte sur les papiers peints, les matériaux de construction, la terre des plantes… Les animaux domestiques et les acariens sont aussi sources de pneumallergènes.
  • Bâtiments et équipements : les matériaux de construction ainsi que le chauffage et la production d’eau chaude émettent des composés chimiques. Ces concentrations augmentent lors d’une mauvaise combustion (due à la vétusté de l’appareil, au manque d’entretien et un mauvais renouvellement d’air…)
  • Paramètres de confort : l’humidité, la température et le renouvellement d’air, s’ils sont mal adaptés, peuvent également être à l’origine d’apparition de micro-organismes (prolifération d’acariens, de moisissures, de blattes…)
  • Environnement extérieur : l’air apporte des polluants issus de diverses origines (industrielle, automobile, domestique et naturelle), et le sol émet du radon (un gaz naturel radioactif).