Quels sont les effets de la pollution de l'air sur l'environnement ?

Dérèglements climatiques, destruction de la couche d'ozone ...

Les effets de la pollution atmosphérique sur l'environnement sont multiples et complexes. Si la pollution atmosphérique a des effets importants sur la santé, elle n'épargne pas non plus les plantes, les animaux, les constructions, et contribue au dérèglement climatique, à la destruction de la couche d’ozone et aux pluies acides.

Principales interactions entre la pollution et l’environnement

L’effet de serre

L'effet de serre est un phénomène naturel nécessaire à la vie sur Terre. Le soleil émet des rayons U.V. qui sont réfléchis sur la Terre et renvoyés dans l’atmosphère sous la forme de rayons infrarouges.

Ces rayons infrarouges sont piégés par les gaz à effet de serre (vapeur d'eau, dioxyde de carbone, méthane…), présents dans l’air, et renvoyés sur Terre. C’est ce phénomène appelé « effet de serre » qui permet de maintenir une chaleur, propice à la vie sur Terre.

La plupart de ces gaz à effet de serre sont d’origine naturelle mais une grande partie est issue des activités humaines. La pollution de l’air entraine une quantité plus importante de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, avec notamment l'utilisation des combustibles fossiles (pétrole, charbon, gaz naturel).

Cette augmentation des gaz à effet de serre se traduit par une quantité plus importante de rayonnement infrarouge, renvoyé sur Terre et, par conséquent, une élévation des températures.

Les conséquences de l’effet de serre sont nombreuses et complexes s’illustrant par des changements notables sur le climat et des bouleversements socio-économiques importants.

Les controverses scientifiques sont nombreuses sur ce sujet mais bon nombre de climatologues estiment que l’augmentation accélérée des températures, pouvant aller de 1 à 6°C au cours de ce siècle, induiront la fonte rapide des glaciers et des banquises, l’augmentation du niveau de la mer de 15 à 85 cm et des différences climatiques de plus en plus fortes, avec des alternances de sécheresse et d'inondations.

Ces conséquences pourraient impacter directement l’Homme avec l'aridité de régions fortement peuplées, la perte de fertilité des sols et la résurgence de maladies et d’épidémies, comme le paludisme. Elles influenceraient également l'environnement avec la disparition de certaines forêts, la perturbation des mouvements migratoires, voire la disparition de certaines espèces animales et végétales.

La couche d’ozone

L'ozone troposphérique et l'ozone stratosphérique constitue le même gaz. La différence, entre les deux, s’explique par leur position dans l’atmosphère.

Dans la stratosphère (entre 10 et 60 km d'altitude), l'ozone est utile car il constitue un filtre naturel pour protèger la vie sur terre de l'action néfaste de certains rayons ultraviolets du soleil. On appelle ce filtre «la couche d'ozone ».

Dans la troposphère (entre le sol et 10 km d'altitude), l’ozone est nocif et ses niveaux devraient être naturellement faibles, or certaines activités humaines émettent des polluants dans l’air qui, sous l’action du soleil, se transforment en ozone.

L’épaisseur de la couche d'ozone stratosphérique (située à environ 25 km d’altitude) varie naturellement en fonction des saisons, notamment au-dessus des pôles. Un trou temporaire apparait à chaque printemps au-dessus de l’Antarctique pour se résorber à l’arrivée de l’automne.

Certaines activités accentuent ce phénomène de destruction de la couche d’ozone. Utilisées très largement dans un grand nombre de processus industriels et de produits de consommation notamment dans les bombes aérosols, les CFC (chlorofluorocarbones) sont des molécules composées de carbone, de fluor et de chlore.

En se décomposant sous l'action de la lumière, elles libèrent le chlore qui casse les molécules d'ozone.

L'Union Européenne a proposé en 1989 une interdiction totale de l'utilisation des CFC durant les années 1990. Ces gaz sont désormais interdits à la production et à la consommation mais leur durée de vie dans l’atmosphère est longue, pouvant atteindre une centaine d'années.

Le trou de la couche d'ozone pourrait donc encore s'accroître et laisser passer une plus grande quantité de rayons ultraviolets vers la surface de la Terre.

Ses conséquences se manifestent pour l’Homme, par un risque accru du cancer de la peau, de cataracte, un affaiblissement du système immunitaire et, sur la biodiversité, par une réduction de la photosynthèse (diminution des rendements et de la qualité des cultures, disparition du plancton, …).

Les pluies acides

La dissolution du dioxyde de soufre (SO2) et des oxydes d'azote (NOX) dans l’eau de pluie est appelée « pluies acides ». Ces retombées peuvent être humides (précipitations) ou sèches (dépôts acides avec les gaz, particules).

Divers acides sont ainsi formés, l’acide nitrique ou l’acide sulfurique et peuvent retomber très loin des lieux d'émission des polluants, il s'agit d'une pollution sans frontière.

Les retombées acides causent des dommages dans de nombreux écosystèmes. Elles sont responsables du dépérissement des forêts avec la dégradation de la chlorophylle, visible par le jaunissement des feuilles, de l'acidification de nombreux lacs en Scandinavie et en Amérique du Nord et entraînent le dépeuplement de nombreuses espèces, notamment de poissons (truites, saumons).

Elles attaquent aussi les équipements extérieurs, les bâtiments et les monuments.